Incursion dans le monde du poker
Depuis quelques années déjà, le poker a la cote. Plusieurs joueurs amateurs, inconnus, et souvent très jeunes, se sont hissés rapidement au sommet grâce à leur pratique quotidienne sur Internet, leur permettant ainsi d’empocher des millions en s’opposant aux joueurs les plus aguerris.
Avec sa nouvelle comédie dramatique La chance dans la balance (Lucky You), mettant en vedette Eric Bana et Drew Barrymore, le réalisateur Curtis Hanson s’intéresse à cette discipline qui connaît un engouement sans précédent depuis quelques années et a décidé de situer l’intrigue en 2003, année charnière dans l’histoire du jeu.
Année charnière parce que comme l’explique Hanson (L.A. Confidential, 8 Mile), ” c’est là que le poker a littéralement explosé sur Internet. Cette année-là, des mini- caméras ont fait leur entrée dans les salles de jeu, dévoilant la main des joueurs et permettant aux téléspectateurs d’apprécier la stratégie des grands pros. C’est également en 2003 qu’un joueur de poker sur Internet, inconnu, Chris Moneymaker, a remporté les Séries Mondiales, incitant du même coup chaque amateur à rêver qu’il pouvait en faire autant. ”
Le film nous entraîne donc dans les salons de Las Vegas où s’affrontent les meilleurs joueurs de poker du monde. Huck Cheever (Eric Bana, Munich) est connu comme un risque-tout, mais, dans sa vie privée, ce flambeur acharné est un homme d’une prudence extrême, qui refuse tout investissement émotionnel et toute relation durable. Lorsque Huck se présente au Tournoi International de Poker 2003, il voit sa vie bouleversée par sa rencontre avec une chanteuse du nom de Billie Offer (Drew Barrymore) et ses retrouvailles difficiles avec son père, L.C. Cheever (Robert Duvall), un joueur légendaire qui abandonna la mère de Huck lorsque celui-ci était enfant. C’est ainsi qu’une chaude lutte, attisée par des années de ressentiment, opposera le père et le fils pour la conquête du titre.
Lui-même joueur de poker de longue date, le réalisateur explique : ” J’avais envie d’inscrire l’histoire d’une relation filiale et amoureuse dans le monde du poker parce que j’ai toujours été fasciné par le fait que les aptitudes nécessaires à une bonne pratique du poker sont exactement opposées à celles nécessaires pour vivre une bonne relation personnelle. La tromperie ou le bluff, qui peuvent compromettre à jamais une histoire d’amour, font partie intégrante du jeu. À la table de poker, il n’y a aucune place pour l’esprit de solidarité, le joueur doit totalement focalisé sur lui-même. À l’inverse, une bonne relation amoureuse est basée sur l’empathie, le souci de l’autre et l’honnêteté. À partir de cette dichotomie, il m’a semblé que le poker pouvait être à la fois la métaphore et le miroir des différentes relations évoquées dans ce film. ”
|
|
Par soucis de vérité et afin de brosser un portrait des plus authentiques de l’univers du poker, l’équipe du film a d’ailleurs décidé de faire appel à deux joueurs de renommée internationale: Doyle Brunson, alias Texa Dolly, et Jason Lester, qui interprètent tous les deux leur propre rôle dans le film.
source:http://montreal.24heures.ca/ChroniquesHebdo/Cinema/2007/05/03/4149459-sun.html






