Pokémon Diamond et Pearl

Pokémon, l’une des plus grandes vaches à lait de l’industrie du jeu, a droit à une nouvelle génération de titres pour la DS. L’addition d’une centaine de nouvelles créatures et l’introduction d’un mode de jeu en ligne sont quelques-uns des points marquant de ces nouveaux titres. Est-ce que la série est enfin due pour une évolution notable ?
Après l’apparition de nombreux « spin-off » sur la DS (Pokémon Trozei, Pokémon Ranger), la série maîtresse, soit celle de jeux de rôle, revient enfin, histoire de raviver la propriété. Les versions Diamond et Pearl accueillent, entre autres, une centaine de nouvelles créatures, un nouveau mode de jeu en ligne ainsi que le retour des cycles temporels. Cependant, ces nouveaux éléments ne suffisent pas à revigorer une franchise qui semble maintenant se complaire dans sa recette éprouvée. Pour les néophytes, les jeux Pokémon sont des jeux de rôle typiquement japonais où les joueurs doivent capturer et collectionner des créatures de combat. Le jeu prend la forme d’une expédition où le joueur y affrontera de nombreux entraîneurs Pokémon et devra y collectionner la totalité des 493 créatures. Cette série est aussi pionnière dans son utilisation du multi-joueur : Les joueurs doivent s’échanger des Pokémon pour obtenir une collection complète et peuvent s’affronter pour améliorer leur statut d’entraîneur.
Pokémon Diamond et Pearl déçoivent les habitués dès le début en adoptant une structure narrative identique à celle des jeux précédents. Le jeu commence encore avec une rencontre avec un scientifique, le joueur doit encore amasser 8 badges et, évidemment, aura encore du fil à retordre avec un groupe criminel. Cette nouvelle génération de jeux, à l’instar des versions Gold et Silver, réintroduit le système de cycle temporel grâce à l’horloge interne de la DS. Ainsi, certains Pokémon apparaissent à certains moments de la journée, des activités sont disponibles à certains jours de la semaine et les personnages non-joueurs adoptent des comportements différents selon l’heure. Cette addition ajoute un niveau de profondeur appréciable au jeu. Le nouveau mode multi-joueur en ligne permet aux joueurs d’échanger des Pokémon et affronter d’autres entraîneurs via Internet. Un joueur peut mettre en ligne une offre d’échange en spécifiant le Pokémon qu’il désire en retour. Si l’offre trouve preneur, l’échange est effectué, et cela même si les deux joueurs ne sont pas simultanément en ligne. Malheureusement, il est impossible d’affronter d’autres entraîneurs en ligne à moins d’avoir leur code ami. Ce choix est regrettable dans la mesure où il diminue grandement le potentiel du volet en ligne au nom d’une peur excessive de présences mal intentionnées sur le réseau multi-joueur de Nintendo. Toutefois, la possession de codes amis permet des affrontements avec communication vocale. D’ailleurs un micro-casque récemment mis en marché par Nintendo facilite grandement les communications lors de parties en ligne.
Pour ce qui est des contrôles, le tout reste similaire aux opus précédents: il faut déplacer son entraîneur et naviguer dans les divers menus avec la croix directionnelle et les boutons A, B, X et Y. L’écran tactile peut être utilisé pour sélectionner des actions lors des combats et fouiller dans l’inventaire. Côté affichage, la série évolue en affichant les environnements du volet d’exploration en 3D. Toutefois, le jeu conserve la même perspective en plongée que les jeux précédents. Ainsi, le style visuel bidimensionnel est maintenu tout en rendant plus fluide le défilement des environnements. Lors des combats, l’affichage est encore composé de graphiques 2D animés de manière très minimaliste. Ce choix technique est quelque peu navrant dans la mesure où Pokémon Stadium, pourtant offert sur un Nintendo 64 techniquement inférieur à la DS, permettait de voir des Pokémon en 3D. Les jeux comportent un volet audio qui se contente d’offrir des rétroactions sonores pour soutenir la jouabilité sans vraiment se distancer techniquement du Game Boy original. La musique sait agréablement accompagner la quête du joueur sans être mémorable pour autant.

Pokémon version Diamond et Pearl sont de parfaits exemples de jeux qui misent uniquement sur la jouabilité. Mis à part des qualités de production passable, ces jeux restent de superbes modèles de jouabilité à la fois accessible, riche et bien balancée. Ces jeux surprennent encore en puisant dans les instincts de collectionneur et d’ardent compétiteur présents en chaque joueur pour offrir une captivante expérience de jeu. Toutefois, il est réellement temps que la série évolue autant d’un point de vue narratif, technique et de la structure de la jouabilité. Certains jeux similaires, comme le récent Spectrobes, offre une jouabilité plus originale, d’attrayants et fluides graphiques 3D ainsi qu’une utilisation plus ambitieuse des capacités uniques de la DS. Les récents chiffres de vente des versions Diamond et Pearl démontrent que l’intérêt pour la franchise ne se dément pas. L’occasion est donc belle pour innover dans les prochains jeux et, qui sait, faire naître une seconde Pokémania…

source:http://jouez.branchez-vous.com/2007/05/pokemon_diamond_et_pearl.html

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