Le poker dans la ligne de mire du CSA ?
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel vient d’adresser une lettre aux chaînes de télévision, en vue d’interdire leur promotion de ces sites au sein des émissions télévisées.
En avril 2006, Canal+ lançait sa première “Nuit du poker”. L’émission est rythmée d’interventions de Patrick Bruel, un connaisseur des World Series of Poker. Direct 8, la chaîne propriété du groupe Bolloré, a elle aussi succombé à la mode du poker, avec Patrice Laffont à la présentation. Un engouement qui n’est pas étranger à la croissance très rapide des sites de poker sur Internet. Ces derniers avaient misé sur l’Europe pour se refaire une santé suite à l’interdiction l’an dernier de ce genre de sites aux Etats-Unis. Besoin de promotion pour les sites, nouvelles rentrées publicitaires pour les chaînes: tout le monde s’y retrouvait. Jusqu’à aujourd’hui. Le CSA reproche désormais aux chaînes de télévision la promotion de sites de poker en ligne, qui se multiplient sur Internet. L’autorité a du coup adressé ses remontrances hier aux chaines diffusant ce genre d’émissions.
En effet, ces sites sont assimilés à des maisons de jeux de hasard et relèvent de la prohibition prévue par la loi du 12 juillet 1983 relative aux jeux de hasard. Ils sont aussi susceptibles de tomber sous le coup de la loi du 21 mai 1836 relative aux loteries prohibées. Le CSA ne critique pas la diffusion de ces émissions: c’est uniquement la promotion des sites de jeux qui est visée. Elle enfreint les dispositions du décret du 27 mars 1992 fixant les règles relatives à la publicité.
Un nouveau coup dur pour les sites de jeux en ligne. Après une loi aux Etats-Unis condamnant l’activité des casinos en ligne ne possédant pas de licence, la France s’attaque l’un des plus importants supports promotionnels des sites de jeux, la télévision. Les sociétés de jeux en ligne seront-elles affectées par ce changement? A titre d’exemple, les sociétés PartyGaming, et 888, toutes deux cotées à Londres, ont perdu entre la moitié et les trois quarts de leur valeur en bourse en octobre dernier, quand la loi les interdisant a été votée aux Etats-Unis. Depuis, les sociétés américaines de casinos et de paris en ligne comptent assurer leur développement à l’international.
Cela risque d’être de plus en plus compliqué sur le territoire français. La plupart de ces sites de jeux ne disposent pas de licence et les Etats, en général, n’en délivrent que très peu. En France, la Française des jeux et le PMU traînent régulièrement devant les tribunaux les concurrents qui empiètent sur leur monopole. Maintenant, c’est le CSA qui s’en prend à eux, en essayant de réduire leurs moyens de promotion. Nouvelle donne?
Source: http://www.lefigaro.fr






